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Rednecks!

Exposition “Monde rural et cinéma” autour du Festival international du Court métrage de Clermont-Ferrand 2020

Chaque début d’année, à l’occasion du Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand, une exposition d’arts plastiques est organisée autour d’une thématique du festival. Cette année le thème était “le monde rural”.
Une seule contrainte : la thématique de l’année doit être mise en relation avec le cinéma.
J’ai pris comme sujet les “rednecks”. Comme le terme ou le genre cinématographique n’était pas connu de tous ceux à qui j’ai posé la question, j’ai trouvé utile de rédiger un texte (un peu trop) didactique qui servirait en même temps de fond à mes illustrations.
Je reproduis une partie de ce texte à la suite des images.

photo du visuel imprimé exposition court métrage 2019
La version imprimée de l’affiche avec un cadre fait-maison

Visuel digital exposition court métrage 2019 rednecks
La version digitale

Hixploitation

Mot-valise construit sur Hick et exploitation. Hick est un des nombreux termes péjoratifs désignant la population rurale blanche généralement pauvre des états du Nord des États-Unis ; -xploitation est un suffixe désignant un genre du cinéma d’exploitation américain dont les thèmes reposent sur une vision stéréotypée du terme accolé. Par exemple, Le terme blaxploitation a été forgé sur ce modèle.
Par film d’exploitation, on entend un film qui tente de résoudre l’équation investissement minimum / bénéfice maximum en exploitant des niches de marché, des tendances et des fascinations de tous ordres, parfois sordides.

Survival horror

Le film de rednecks relève le plus souvent d’un sous-genre du film d’horreur, le Survival Horror qui fonctionne très grossièrement comme suit : Un groupe de personnages pleins de préjugés et condescendants se rendent à la campagne (des hippies dans Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chain Saw Massacre, Tobe Hooper, 1974), des citadins dans Deliverance (John Boorman, 1972), des militaires dans Sans retour (Southern Comfort, Walter Hill, 1981), une famille de touristes dans La colline a des yeux (The Hills Have Eyes, Wes Craven, 1977 ; remake d’Alexandre Aja en 2003)) ; Le groupe est confronté par hasard à une communauté (un village dans 2000 Maniaques (Two Thousand Maniacs!, Herschell Gordon Lewis, 1964) ou micro-communauté de rednecks (une famille dans Massacre à la tronçonneuse ou dans La maison des mille morts (House of 1000 Corpses, Rob Zombie, 2003) ; Le contact est pris en apparence cordialement mais le malaise apparaît (le duel de banjo de Deliverance, le repas chez les Fireflies dans La maison des mille morts) ; Une erreur d’ordre plus ou moins formel est commise par un membre du groupe (insulter un membre de la famille dans La maison des mille morts, entrer dans une maison sans autorisation dans Massacre à la tronçonneuse, tirer des balles à blancs dans Sans retour) ;
Le groupe est massacré à une exception près, une jeune femme souvent ; La victime trouve un moyen de s’échapper ; Elle s’en sort (traumatisée) ou pas.

Rednecks

Le terme péjoratif redneck désigne une population américaine, blanche et généralement pauvre des USA vivant à la campagne ou à la périphérie.
Une étymologie possible (cou rouge en français) ferait allusion aux coups de soleil marquant le cou des paysans travaillant à l’extérieur. Le terme marquerait l’expression d’un mépris de classe à l’instar du terme white trash (raclure blanche).
On trouve aussi le terme Hick qui désignerait la même population blanche et pauvre mais habitant la campagne du sud des États-Unis (voir Hixploitation).
Le mot hillbilly quant à lui renverrait à une population comparable mais habitant dans les montagnes des Appalaches.
On trouve enfin yokel ou cracker qui semble renvoyer à tout ce qui fait partie d’une population strictement rurale blanche, généralement pauvre et mal éduquée des USA. Une traduction comme cul-terreux ou péquenaud semble grossièrement convenir.
Si le terme redneck est essentiellement péjoratif, il peut avoir été revendiqué politiquement et socialement à tel ou tel moment de l’Histoire américaine par phénomène d’appropriation culturelle. Ainsi, tous les rednecks movies ne sont pas à charge : un film comme Cours après moi Shérif (Smokey and the bandit, Hal Needham, 1977) ou la série télé Shérif, fais-moi peur (Dukes of Hazzards, 1979-1985) en sont des exemples. Le film Tucker et Dale fightent le mal (Tucker and Dale Vs evil, Eli Craig, 2010), version parodique du film de redneck, renverse les points de vue entre d’innocents rednecks et leurs supposées victimes rendues paranoïaques par la hixploitation.

Stéréotypes représentés dans l’illustration

Consanguinité 

Dans l’illustration, un certain nombre d’indices permettent d’établir un arbre généalogique des personnages.

Religion 

il convient de parler du seigneur avec respect.

Auto-défense

Le shotgun ou une arme destinée à la chasse aurait été plus appropriée, ou encore le bâton de Justice sauvage (Walking tall, Phil Karlson, 1973). Les rednecks chérissent le second amendement et se défient du gouvernement.

Difformité

les aberrations génétiques sont monnaie courante dans les films de rednecks (Leatherface dans Massacre à la tronçonneuse, Tiny dans La maison des 1000 morts, Pluto dans La colline a des yeux). La consanguinité est souvent suggérée, mais il peut s’agir aussi de radiations (La colline a des yeux, le remake d’Alexandre Aja, 2003).

Infirmité

le système social américain ne garantit pas des soins de qualité aux populations pauvres. Les rednecks sont souvent atteints d’infirmités (le père dans le remake de Massacre à la tronçonneuse (Marcus Niespel, 2003)) ou doivent rester à la charge de leurs familles pour l’éternité semble-t-il (le grand père de Massacre à la tronçonneuse, l’original).

Chômage et pauvreté

les Hewitt de Massacre à la tronçonneuse laissent entendre que le capitalisme industriel a volé leurs emplois dans un abattoir. On note ici que c’est le même type de raisons qui pousse les Joad des Raisins de la colère (The Grapes of Wrath, roman de John Steinbeck, 1939 et film de John Ford, 1940) à prendre la route. Le film de rednecks est un miroir inversé et paranoïaque de ces deux œuvres.

Sexisme 

La Maison des mille morts et ses suites (The devil’s rejects, Rob Zombie 2003 et 3 from hell, 2019) mettent en scène le très sexy personnage de Baby (Sheri Moon Zombie) mais on peut penser à Jody Banks (Heather Thomas) dans la série L’homme qui tombe à pic (The Fall Guy, 1981-1986) ou encore Daisy Duke (Catherine Bach) dans Shérif, fais moi peur (Dukes of Hazzards, 1979-1985). Les personnages féminins sont rares dans les films de rednecks. Quand ils apparaissent, mini shorts et chemises nouées suffisent généralement à les habiller.

Violence

Sans commentaires

Mauvaise éducation/traitements

Sans penser à mal cependant…

Bandana rouge

le port du bandana rouge par des mineurs grévistes dans les années 20 propose une autre étymologie de redneck.

Pop Culture

la télévision fournit la base des loisirs et de l’éducation.

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